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Le coup de prague

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Histoire du Coup de Prague

Dates décroissantes    Titres seulement    (2 réponses)

1948

25 février

Prise de pouvoir communiste à Prague


Après deux semaines de pression soviétique, les communistes tchèques opèrent "le coup de Prague". Cumulant une vague de démissions communistes et le lancement de mouvements de rue et de grèves, les communistes menés par Klement Gottwald parviennent à prendre le contrôle du pays. Le président Edouard Benes, affaibli et isolé, se retire et démissionne, laissant s’installer une démocratie populaire pour éviter la guerre civile. C’est ainsi qu'au cœur de la Guerre froide, le cas particulier de la Tchécoslovaquie prend fin. Pays à tradition démocratique, il semblait en effet à la croisée des modèles libéraux et communistes, tant sur le plan politique que géographique : le gouvernement proposait une coalition démocratique faite de communistes et de socialistes-nationaux dans un pays à la frontière du rideau de fer. Après le coup de Prague, la Tchécoslovaquie passe définitivement à l’Est de ce dernier.
Voir aussi : Dossier histoire de l' URSS - Dossier histoire de la Guerre froide : de l'Alliance aux deux blocs - Histoire du Communisme - Histoire du Coup de Prague - Histoire de la Guerre froide

 

 

1948

17 mars

Traité d'assistance entre la Grande-Bretagne, la France et le Bénélux


Inquiétés par le coup de Prague qui fait planer sur l’Europe la menace de révolutions communistes soutenues par le Kremlin, la Grande-Bretagne, les pays du Benelux et la France passent un accord d’assistance mutuelle en cas d’agression. Pour la première fois depuis l’armistice de 1945, les alliances politiques et militaires ne sont plus dirigées contre l’Allemagne mais contre l’URSS. L’Europe craint en effet à ce moment une Troisième Guerre mondiale. Cet accord précède en fait d’un an la création d’un accord militaire de plus grande ampleur : l’OTAN.
Voir aussi : Dossier histoire de la Guerre froide : de l'Alliance aux deux blocs - Histoire de l'OTAN - Histoire du Coup de Prague - Histoire de la Guerre froide

 

 

Le Coup de Prague est le nom donné à la prise de contrôle de la Tchécoslovaquie par le Parti communiste tchécoslovaque. Les historiens tchèques parlent de Únor 1948 (« Février 1948 »).

Pendant le communisme, le terme Vítězný únor (« Février victorieux ») était le terme officiellement employé pour décrire les événements qui, du 17 au 25 février 1948, font que le président de la République tchécoslovaque, Edvard Beneš, doit céder le pouvoir aux staliniens et à leurs chefs, Klement Gottwald et Rudolf Slánský, après deux semaines de pressions intenses des Soviétiques.

Sommaire

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Genèse [modifier]

De tous les pays d'Europe centrale qui ont été libérés des nazis et occupés par les Soviétiques, la Tchécoslovaquie est le seul qui a une longue tradition démocratique et un parti communiste puissant. Celui-ci obtient 38 % des suffrages aux élections de 1946 et tient trois postes-clés au gouvernement : Klement Gottwald est un Premier ministre aux pouvoirs étendus, le ministère de l'Intérieur (et donc la police) est aux mains de Václav Nosek et celui de la Défense aux mains du général Ludvík Svoboda. Au total, sur les vingt-six portefeuilles ministériels, neuf sont détenus par les communistes. Toutefois, les élections demeurent libres et démocratiques, et le pouvoir politique est partagé entre le Parti communiste et quatre autres partis démocrates.

Alors que le gouvernement tente de se positionner en tant que pays charnière entre les deux blocs émergents, l'annonce du Plan Marshall en juillet 1947 vient mettre un terme à toute ouverture possible vers l'Ouest. Dans un premier temps approuvé à l'unanimité par le gouvernement, le plan est rejeté à l'unanimité quelques jours plus tard sur l'injonction de Staline. La Tchécoslovaquie est désormais clairement associée à l'URSS, qui affirme son emprise idéologique et politique sur le pays.

À cette occasion, en 1947, au cours de son congrès tenu à Brno, le Parti social-démocrate tchèque avait pris conscience du danger grave que représente la toute puissance du Parti communiste tchécoslovaque ; aussi, entreprend-il un virage à droite et Zdenek Fierlinger, le représentant de la collaboration étroite avec les communistes est éliminé de la direction du parti.

La crise [modifier]

La crise éclate le 17 février 1948 quand le ministre de l'Intérieur promeut huit nouveaux commissaires de police à Prague, tous communistes, ce qui montrait la mainmise totale du Parti Communiste sur les forces de sécurité. Cela provoqua la protestation, suivi de la démission des ministres libéraux (agrariens, démocrates slovaques et socialistes-nationaux, le parti de Beneš). Ceux-ci pensaient bénéficier du soutien du président Beneš qui les avait encouragés au début. Les démissionnaires pensaient provoquer une crise politique suivie d'élections générales qui auraient conduit le PC à la défaite à cause de son refus du Plan Marshall.

Chronologie du coup d'État [modifier]

Le 17 février 1948, le gouvernement doit débattre du rapport du ministre de la Justice sur le contrôle de la Sécurité d'État par les communistes, ce que Gottwald, chef du gouvernement, refuse de mettre sur l'ordre du jour. Les ministres non-communistes préparent un plan ; si leurs exigences ne sont pas acceptées, ils démissionnent en bloc et le président Beneš peut nommer un gouvernement « bureaucratique » intérimaire (úřednická vláda).

Beneš est informé par Gottwald des intentions des ministres non-communistes et annonce que seul un gouvernement réunissant à nouveau toutes les forces politiques du pays serait nommé. Le plan des non-communistes de se débarrasser des communistes échoue.

Gottwald fait une déclaration publique appelant « le peuple des travailleurs à se tenir prêt dans l'éventualité d'une réaction ». Les milices pragoises (communistes) sont mises en état d'alerte.

Le 18 février 1948, la réunion du gouvernement d'union nationale (le « Front national ») se déroule sans que la question du contrôle de la Sécurité d'État par les communistes ne soit à l'ordre du jour et sans les ministres non-communistes qui la boycottent. Le Parti social-démocrate est pour apaiser la situation et conserver le Front national. Le président Beneš négocie avec les nationaux-socialistes, il aurait à ce moment été informé du plan de démission collective des ministres non-communistes, ce qu'il démentira par la suite.

Le 19 février 1948, les événements des deux jours précédents se répètent peu ou prou à ceci près que la menace de démission collective des ministres non-communistes est officielle et officiellement transmise au président. Le vice-ministre des Affaires étrangères soviétique, Valerian Zorine, arrive à Prague. L'ambassadeur américain, Lawrence Steinhardt, interrompt une cure de santé pour reprendre ses fonctions.

Le 20 février 1948, seuls les communistes et les sociaux-démocrates assistent au conseil des ministres. Un requête formelle est adressée par les partis non-communistes au gouvernement afin de compléter l'agenda du jour. A la suite de leur rejet, les douze ministres « bourgeois » démissionnent et en informent Jan Masaryk. Celui-ci refuse leur démission. Les sociaux-démocrates ne démissionnent pas plus qu'ils ne soutiennent les communistes. Gottwald rencontre Edvard Beneš et lui propose de combler les postes vacants avec des communistes et des sociaux-démocrates. Les communistes préparent une manifestation de masse, place de la Vieille-Ville, en soutien de leur projet.

Dénouement [modifier]

Klement Gottwald et Rudolf Slánský agissent rapidement et subornent complètement Edvard Beneš, affaibli par une attaque cérébrale. Les démissionnaires sont remplacés par des personnalités favorables au PC, issues de l'aile gauche du Parti social-démocrate, puis Gottwald et Slánský mobilisent leurs milices ouvrières : des centaines d'opposants au sein de la classe politique, de la presse ou d'officiers jugés suspects dans l'armée sont immédiatement arrêtés, grâce à la complicité du ministre de la Défense, le général Svoboda, membre clandestin du PC. Jan Masaryk qui avait accepté dans un premier temps de faire partie du nouveau gouvernement est retrouvé mort le 10 mars 1948, officiellement « suicidé » en sautant d'un immeuble, en fait assassiné par défenestration comme le démontrera l'enquête judiciaire diligentée en 2004.

Après l'épuration, le parlement approuve le nouveau gouvernement, issu du coup d'État, à l'unanimité, et le président Beneš refuse son aval, avant de démissionner lui-même, le 7 juin 1948. Il meurt au mois de septembre suivant.

Le parti communiste et le parti social-démocrate fusionnent, et les partis de droite sont coalisés de force au sein d'un Front national contrôlé par les communistes. Les élections de juin 1948 ont lieu sous le régime de listes uniques sans opposition légale, et donnent officiellement 90 % des voix au gouvernement.

Conséquences [modifier]

Par le Coup de Prague, Klement Gottwald et Rudolf Slánský mettent la main sur tous les rouages du pays. Celui-ci passe sous la coupe d'un régime totalitaire pour quarante ans. La répression s'abat sur les opposants et les membres de l'élite démocratique du pays comme Milada Horáková, condamnée à la pendaison en 1950.

À l'Ouest, le coup de Prague provoqua une émotion considérable parce que la Tchécoslovaquie était le plus occidental des pays d'Europe centrale et orientale, à la fois sur le plan géographique, historique et politique.

Le coup de Prague et sa spécificité au sein du bloc soviétique

[13-02-2008 12:12 UTC] Par David Alon

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Le 25 février prochain, cela fera exactement 60 ans que le « Coup de Prague » transforma la Tchécoslovaquie en dictature communiste. Le sujet a été maintes fois abordé de l’intérieur. Pourtant, la réception internationale ainsi que la spécificité tchèque au sein du bloc soviétique en disent tout assi longs.

Winston Churchill à Fulton

Le coup de Prague et sa spécificité au sein du bloc soviétique Le 25 février prochain, cela fera exactement 60 ans que le « Coup de Prague » transforma la Tchécoslovaquie en dictature communiste. Le sujet a été maintes fois abordé de l’intérieur. Pourtant, la réception internationale ainsi que la spécificité tchèque au sein du bloc soviétique en disent tout aussi longs.

« J’ai beaucoup d’admiration et d’amitié pour le vaillant peuple russe et pour mon camarade de combat, le maréchal Staline (...). Il est cependant de mon devoir de vous exposer certains faits concernant la situation présente en Europe. De Stettin, dans la Baltique, à Trieste, dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne, se trouvent les capitales de l’Europe orientale : Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia. Toutes ces villes célèbres (...) sont soumises (...) au contrôle très étendu et croissant de Moscou.»

Quand Churchill prononce le célèbre discours de Fulton dans le Missouri, nous sommes le 5 mars 1946, soit environ deux ans avant le Coup de Prague. Le Premier ministre britannique annonce symboliquement la rupture de l’Europe en deux et le début de la guerre froide.

Si le discours est prophétique, il n’en contient pas moins quelques erreurs ! A cette date en effet, on ne peut pas encore prévoir avec certitude que la Tchécoslovaquie va basculer rapidement dans la sphère soviétique.

Certes, aux élections de mai 1946, deux mois après le discours de Fulton, les communistes remportent 40 % des voix et détiennent neuf portefeuilles dans le gouvernement. Mais, à la même époque, c’est également le cas en France et en Italie, qui ne deviendront pas pour autant des démocraties populaires.

D’ailleurs, Churchill évoque Vienne dans son discours, car l’Autriche est, au lendemain de la guerre, dans une situation incertaine : occupée en partie par les troupes russes, elle semble promise à un démembrement identique à celui qui arrivera bientôt en Allemagne. Pourtant, en mai 1955, un traité stipulera la fin de l’occupation russe et l’Autriche pourra rejoindre le camp des démocraties occidentales. Quand on pense que Prague est plus à l’ouest que Vienne, on imagine qu’il s’en fallut peut-être de peu pour que la Tchécoslovaquie suive le même destin.

Février 1948

Pourtant, si en 1948, le pays rentre officiellement dans le bloc soviétique, la situation diffère fortement d’une «démocratie populaire» à l’autre….

Qu’il s’agisse tout d’abord de la force électorale du Parti communiste, plus importante en Tchécoslovaquie et en Hongrie qu’en Roumanie et en Bulgarie. Ou encore de la technique de prise de pouvoir utilisée par les Russes.

La Tchécoslovaquie, pour sa part, a subi la technique du noyautage, appelée fort justement la technique du «Cheval de Troie» (en référence au stratagème qui avait permis au Grecs de pénétrer dans la ville de Troie, dissimulés dans un grand cheval de bois). Administration, syndicats et associations sont peu à peu noyautés par les communistes. Cela marchera tellement bien que le PCT détiendra vite l’ensemble des ministères ! A titre de comparaison, dans la Pologne voisine, les communistes détiennent 14 ministères sur 21.

Dans les autres pays comme la Hongrie ou la Roumanie, les Russes ont employé la technique du salami : il s’agit de diviser les partis politiques de les éliminer un à un, en s’appuyant sur ceux qui restent jusqu’à ce que le Parti communiste soit le dernier en lice.

En fait, les stratégies de prise de pouvoir ont d’abord varié selon le statut des pays après la guerre.

 

La Tchécoslovaquie appartient au camp des vainqueurs, avec la Pologne et la Yougoslavie. Pendant la guerre, le pays est devenu un Protectorat allemand, tandis qu’un gouvernement en exil à Londres assurait la continuité de la République et participait aux combats aux côtés des Alliés.

Ce statut diffère de celui des quatre pays vaincus (Hongrie, Roumanie, Finlande et Bulgarie) dont les Etats se sont constitués en tant qu’Alliés du Reich et sont, à ce titre, considérés comme ennemis. Et sur le terrain, la différence de traitement par les armées soviétiques fait la différence. A Prague, on ne compte pas tous ces viols, crimes et pillages que subissent Budapest ou Bucarest lors de l’arrivée des troupes russes ! Ces pays avaient en effet, Bulgarie exceptée, participé à l’attaque contre la Russie en juin 1941.

Lorsque les troupes soviétiques pénétrent en Slovaquie, on peut s’attendre à ce que la population subisse le même sort que celui des Hongrois. Après tout, la Slovaquie fut également un Etat allié de l’Allemagne, avec Monseigneur Tiso à sa tête. Mais les autorités russes considèrent que l’ensemble du territoire tchécoslovaque relève du gouvernement Beneš et représente à ce titre un Allié. Ce statut vaudra notamment au pays d’être épargné par les lourdes réparations économiques imposées aux vaincus.

Staline

A long terme pourtant, les différences s’estomperont : la Tchécoslovaquie connaîtra, dès les années cinquante, le même régime que ses voisins du bloc : absence de démocratie, planification économique et priorité à l’industrie lourde.

Ce que l’on sait moins, c’est que le Coup de Prague aura des conséquences importantes sur l’accéleration et la cristallisation de la guerre froide. Il suit, en effet, de peu le blocus de Berlin par les Russes. Pour les Occidentaux, la question surgit : après Berlin et Prague, Staline va-t-il s’emparer de l’Europe occidentale par un système de dominos ? On sait aujourd’hui qu’il n’en était pas question. Ainsi Staline freinait-il les ardeurs du PCF à prendre le pouvoir dans la France d’après-guerre et ce quand tout était encore possible.

Après le Coup de Prague, Américains et Britanniques décident d’accélerer, dans leur zone d’occupation, une Allemagne de l’ouest politiquement et économiquement forte. En mai 1949, la création de la République fédérale d‘Allemagne, suivie bientôt par celle de la République démocratique allemande, à l’Est, consacre officiellement la division de l’Allemagne. Le Coup de Prague a hâté une évolution inéluctable.

 



Article ajouté le 2009-02-05 , consulté 1 fois

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